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Les dons spirituels ont-ils cessé?

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Donald Gee, un des pioniers de la Pentecôte, déjà au début du siècle dernier mettait en garde contre cette tendance cessassioniste, à savoir la remise en question d’un des points cardinaux du pentecôtisme: les dons spirituels ont-ils cessé? Voyons ses arguments pour une continuation des dons spirituels…

Peut-on recevoir les dons spirituels de nos jours ?

Pourquoi pas ? A ceux qui disent « non » d’apporter leurs preuves. Rien dans l’Ecriture, la raison ou l’expérience, ne nous permet de croire que les dons du Saint-Esprit, sans aucune exception, ne sont plus d’aujourd’hui.

Voyons quels sont les arguments les plus fréquemment avancés pour prouver qu’on ne doit plus compter au XX° siècle sur les dons surnaturels qui, au Ier siècle, étaient si répandus dans l’Eglise.

1° Dieu a cessé d’accorder ces manifestations de son Esprit depuis la fin de l’âge apostolique.

Sur quelle autorité fonder une telle affirmation ? Non pas certes sur celle du Nouveau Testament. Il ne contient pas une seule ligne qui indique que Dieu ait eu l’intention de retirer ses dons. Bien au contraire, nous lisons :

« Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel (Rom. 11:29) — Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et éternellement (Hébreux, 13:8) ».

Le Christ ressuscité, qui travaillait avec ses premiers disciples et confirmait la Parole par les miracles qui l’accompagnaient (Marc 16:20), est aussi avec eux « jusqu’à la fin du monde (Mat. 28:20). » Si nous cherchons à rabaisser l’expérience spirituelle, telle qu’elle nous est présentée dans la Bible, au niveau de notre pauvre expérience et de nos propres opinions, où alors nous arrêterons-nous ?

On cite souvent, un verset qui prouverait, dit-on, que certains dons spirituels ne sont plus de notre temps : « les langues cesseront » (I Cor. 13:8). Chose curieuse, on affirme que les langues cesseront, et l’on semble ignorer qu’il en est tout à fait de même de la prophétie et de la connaissance. Nos contradicteurs possèdent, en général, cette dernière avec abondance, et se récrieraient vivement si on leur disait que la connaissance a disparu, elle aussi, en ce qui les concerne.

Mais ce passage se rapporte évidemment au moment où « ce qui est parfait sera venu » (v.10), non pas à l’époque actuelle où « nous voyons confusément comme dans un miroir » ; les dons cesseront quand nous verrons face à face (v.12). En fait, tout le passage prouve avec une très grande force que nous devons compter sur les dons spirituels jusqu’à la fin du monde actuel, puisque le but divin en vue duquel ils ont été donnés ne sera atteint que lorsque ce qui est parfait sera venu. On admettra facilement que nous n’y sommes pas encore.

2° L’histoire prouve que les dons disparurent à la fin de l’âge apostolique.

Ceci est vrai en partie, mais faux dans l’ensemble. En somme, l’histoire prouverait plutôt le contraire. Ce qui est vrai, c’est que les dons furent moins en évidence après l’âge apostolique et même déjà vers la fin de cette époque. Non pas que le Seigneur eût retiré ses dons, mais, comme le dit John Wesley :

« parce que l’amour de beaucoup, de presque tous ceux qui portent le nom de chrétiens, s’était refroidi… Telle est la véritable raison pour laquelle les dons extraordinaires du Saint-Esprit disparurent de l’Eglise chrétienne. »

Aux époques de Réveil, à travers toute l’histoire de l’Eglise, ils réapparurent sous une forme ou sous une autre. Prenons garde : il ne faut pas accuser Dieu de retirer ses dons, si en réalité c’est l’Eglise qui les a perdus par sa tiédeur.

Cependant il n’est pas exact de dire que les dons aient jamais cessé. Irénée, Tertullien, Jean Chrysostome, Augustin, font tous allusion à ces dons comme existant à leur époque. Pendant le Moyen-âge, ils apparurent parmi les Vaudois et les Albigeois persécutés ; plus tard, parmi les Jansénistes, les premiers Quakers, les Prophètes Cévenols, les Méthodistes à leurs débuts, et jusque dans l’église des Irvigniens au XIX° siècle. Il y a beaucoup de chrétiens, encore aujourd’hui en vie, qui ont eu le don des langues ou d’autres manifestations du Saint-Esprit, longtemps avant la grande effusion actuelle qui a commencé vers 1900.

3° Le canon du Nouveau Testament étant définitivement constitué, le ministère des dons spirituels n’est plus nécessaire puisque nous avons la Parole écrite.

Cet argument ne tient aucun compte de la vraie nature des dons de l’Esprit. On se figure que l’Eglise primitive attachait la même autorité à l’exercice de ces dons qu’aux Ecritures. Le Nouveau Testament prouve le contraire. L’Eglise primitive fait constamment appel à l’autorité des Saintes Ecritures de l’Ancien Testament (et jamais à l’autorité de ses propres prophètes) pour fonder les doctrines et trancher les discussions. (Actes 2:16-15:15-28:22, etc.). Les prophéties de l’Ecriture (II Pierre 1:20) avaient une toute autre autorité que les dons spirituels : il en est toujours ainsi aujourd’hui. Les dons spirituels n’ont pas eu pour but la composition du Nouveau Testament ; ils ne remplaçaient pas la Parole écrite avant que le Nouveau Testament fût composé. Leur rôle était tout différent, et si on les exerce normalement dans leur propre sphère, ils sont aussi précieux et nécessaires aujourd’hui qu’alors.

4° Mais les dons ne sont plus nécessaires aujourd’hui car le monde est convaincu de la vérité du Christianisme.

Peut-on avancer sérieusement un pareil argument ? Même en pays chrétien il y a des multitudes d’incrédules. L’Eglise ne doit-elle plus compter que sur d’éloquents appels intellectuels pour assurer la victoire de l’Evangile. On le dirait, si on en juge par la préparation donnée aux pasteurs dans les écoles théologiques.

De telles armes sont légitimes et précieuses, nous l’admettons, mais il y a des foules qui ne seront jamais touchées par l’Evangile, si ce n’est par une manifestation surnaturelle de puissance, foules altérées en face d’une Eglise sans puissance.

Que la guérison divine et la manifestation des autres dons aient une grande puissance pour éveiller les indifférents, convaincre de péché, attirer à l’Evangile et aboutir à de vraies conversions, le fait est abondamment prouvé. Partout où le ministère des dons spirituels est exercé, les foules accourent en masse. L’exercice des dons spirituels produit aussi dans les services religieux un tel sentiment de la réalité de la présence du Dieu vivant, que les chrétiens qui goûtent ces choses sont remplis d’un enthousiasme entièrement nouveau. Ces résultats ne sont-ils pas nécessaires et précieux ?

Les missionnaires dans les pays païens sont dans une situation tout à fait analogue à celle des premiers apôtres. Tout le monde admettra sûrement que, pour eux, les dons de l’Esprit constituent une aide appréciable. Mais si l’on admet leur réalité et leur valeur pour les champs de mission, alors on ne peut plus soutenir qu’ils ne sont pas pour notre temps.

5° Mais si ces dons sont réellement pour notre temps, pourquoi les dirigeants des églises ne les exercent-ils pas ?

Pour différentes raisons : quelques-uns se sont détournés de la simplicité de l’Evangile, de la vérité qui est en Jésus, et des doctrines essentielles de la foi : on ne peut guère s’attendre à ce que le Saint-Esprit confère ses dons à de tels ministres.

Beaucoup sont fidèles à « la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes » mais il y a le plus souvent, par une étrange inconséquence, une complète incrédulité en ce qui concerne les dons spirituels. On ne les désire pas, on ne les attend pas, on ne croit pas qu’il soit possible de les recevoir. Il y a un principe infaillible ici : « Qu’il vous soit fait selon votre foi ». Dieu n’impose pas ses grâces à ceux qui ne les attendent pas avec foi. Dans certains cas, il est triste de le dire, le prix à payer a été jugé trop élevé. Une opposition acerbe contre les dons spirituels est souvent le fait d’une conscience troublée, qui essaie de se justifier de n’avoir pas répondu à un appel très clair de Dieu, qui voulait l’engager dans cette voie.

Parmi les plus consacrés et les plus spirituels des enfants de Dieu, il y a souvent une crainte étrange et bien exagérée de la puissance des démons et de leur habileté à séduire. Le Seigneur laisserait-il un homme sincère qui recherche une vie plus étroitement unie à la sienne, devenir le jouet du Prince des ténèbres ? Que l’on médite plutôt Luc 11:11-13. Par crainte de faire fausse route, on préfère n’avoir aucune expérience du surnaturel. On oublie que le Nouveau Testament contient des règles très simples pour éprouver les esprits, et qu’un esprit de crainte y est tout spécialement condamné. Ce fut un coup de maître de Satan de priver beaucoup d’excellents chrétiens des richesses de leur héritage, par la crainte des illusions. Il est très regrettable que plusieurs des docteurs chrétiens les plus remarquables se soient prêtés de nos jours à cette besogne. Depuis des années la preuve a pu être faite qu’il n’y a rien de démoniaque dans les expériences qui ont été accordées à tant d’enfants de Dieu : cependant la crainte et le préjugé font encore leur oeuvre mortelle.

Rien n’interdit à l’Eglise de jouir pleinement aujourd’hui de la possession et de l’exercice de tous les dons de l’Esprit. Nous bénissons Dieu du fond du coeur pour ceux qui ont déjà été remis à leur place normale au milieu de nous. Il y a encore des territoires à explorer. Nous devons aller de l’avant avec le courage de la foi. Puisque nous nous avançons sur des terres dont Dieu Lui-même a tracé les frontières, nous pouvons avoir une pleine assurance qu’il nous permettra, dans sa grâce infinie, de jouir pleinement de notre héritage.

Donlad Gee – un des pères du mouvement pentecôtiste

Donald Gee

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